Storytelling, la machine à fabriquer des histoires et à formater les esprits

Temps de lecture : 4 minutes

 

De nombreux ouvrages traitent du sujet, vous en trouverez de toutes les tailles à tous les prix. Celui-ci aborde le phénomène de façon historique et assez complète. De plus, sans se perdre dans une analyse psychologique profonde, il décrit très bien les principes et l’impact de cette discipline. Enfin, ce livre nous donne un panorama global des utilisations de la technique par de nombreux organismes, sociétés et individus et à travers de nombreux exemples. Il s’agit de « Storytelling, la machine à fabriquer des histoires et à formater les esprits ». Cliquer ici pour accéder au livre.

 

Le storytelling, de quoi parle-t-on ?

Pour réinventer quelque chose d’ancien, il faut lui donner un nom en anglais. Storytelling signifie littéralement en anglais « raconter des histoires ». Dans une approche plus professionnelle, il s’agit de la façon de présenter une marque, un concept ou une personne en commençant par raconter événement ou un fait précis, un peu comme si on racontait une histoire à des enfants.

Ces principes se retrouvent dans les discours les plus célèbres (discours de Steve Jobs à Stanford en 2005 par exemple), dans les publicités ou la présentation des entreprises. De façon assez amusante, pour ceux qui connaissent le film « Reservoir dogs », il s’agit de la même chose quand un des gangsters explique au policier en couverture que pour être un bon gangster, il faut savoir bien raconter les histoires (histoires drôles dans ce cas, mais c’est exactement le même principe de maîtrise de la narration).

Bref, on le sait, tout le monde aime écouter les histoires, et c’est une façon astucieusement très efficace de faire passer des messages.

 

Le storytelling, pourquoi ça marche ?

Il suffit de regarder des enfants écouter les histoires de grand-mère ou être captivé par celles du soir, pour comprendre à quel point cette méthode de transmission de l’information est efficace chez nous autres êtres humains. Quoi qu’on en pense, les adultes sont aussi très réceptifs aux histoires : la machine à café est le lieu par excellence de l’exercice du storytelling quotidien. Tout le monde peut y raconter ce qui lui est arrivé la veille. L’exercice est souvent libérateur, surtout quand l’expérience est négative, mais permet aussi de valoriser ses expériences et partager ses bonnes pratiques. Généralement si l’expérience touche et correspond à des tranches de vie partagées, l’histoire trouve son public. 

De plus, personne ne niera le succès de l’industrie cinématographique et surtout la multiplication des séries en tout genre, qui justement racontent des histoires ! Elles ajoutent une dimension émotionnelle plus forte en créant des personnages et des situations dans lesquelles s’identifier au quotidien ou s’évader dans des mondes fascinants.

 

 

Le storytelling, d’où ça vient ?

Comme on vient de le décrire, les histoires permettent de rapporter une expérience de vie dans laquelle chacun peut s’identifier ou connaître un peu mieux l’orateur. Dans un cas comme dans l’autre c’est une source d’enseignements très riche. Car au-delà du simple événement, l’histoire apporte aussi tout un contexte émotionnel et psychologique qu’un manuel théorique va justement filtrer. L’être humain n’étant pas une machine froide et calculatrice (pas toujours!), il communique beaucoup mieux avec des émotions et des sensations qu’avec des faits objectifs et précis. 

Sur un plan anthropologique, l’homo sapiens a utilisé la littérature orale (la transmission des histoires par le récit) depuis qu’il arrive à communiquer et bien avant la naissance de l’Histoire écrite (avec un H pour le coup). C’était tout l’objet des réunions de tribu au coin du feu avant l’apparition de la télévision. Les rois aussi avaient leurs conteurs et troubadours (et leurs histoires officielles !). La plupart des contes et histoires traditionnelles racontées aux enfants proviennent de contes et de mythologies ancestrales copiées et recopiées, mais dont les enseignements sont riches et accompagnent les enfants dans leur réflexions. Il en est de même pour les religions du livre, qui regroupent de nombreux thèmes ancestraux, souvent récupérés dans une histoire religieuse officielle et unique. Par syncrétisme, la nouvelle religion absorbe les croyances locales anciennes et les intègre au sein de la nouvelle « vérité » du nouveau dieu. Les « histoires » véhiculent ainsi les valeurs et concepts fondamentaux au profit des croyants, plus sûrement qu’un manuel de philosophie.

 

Et le livre dans tout ça ?

Le livre présenté au début (« Storytelling, la machine à fabriquer des histoires et à formater les esprits ») explique assez bien la redécouverte de la discipline appliquée à la communication professionnelle, à partir des années 90. Il décrit les discours et exemples les plus marquants, montre les mécanismes et explore l’explosion de l’utilisation du storytelling actuellement : dans le marketing, dans les discours politiques, dans certains domaines de la formation, et parfois dans tout ceci à la fois.

Pour ce qui concerne le management, le chapitre 2 lui est consacré et il donnera sans aucun doute des idées aux managers actuels, que ce soit dans leur communication quotidienne ou leur discours, mais aussi dans leurs exercices d’argumentation (pour aller chercher un budget ou changer des comportements) ou enfin pour leurs formations.

J’ouvre ici une parenthèse sur la problématique de la transmission des connaissances au sein de l’organisation (voir cet article). En effet, quelle que soit la taille de l’organisation, la plupart de la valeur ajoutée de l’entreprise se trouve dans le savoir-faire de son personnel. Or, il est très difficile de transmettre et formaliser ce savoir-faire qui repose sur des habitudes, des bonnes pratiques, des trucs et astuces. Ces connaissances se passent généralement à travers l’observation des anciens dans l’action ou les histoires qu’ils racontent. Pour le savoir-faire qui concerne l’organisation et le management des personnes, coucher les bonnes pratiques dans des livres d’anecdotes pourrait être un moyen efficace de les capter ?! Fin de la parenthèse.

Les autres chapitres du livres ne relèvent pas de l’application immédiate pour le manager. Ils sont néanmoins intéressants pour les exemples de storytelling qu’ils présentent (et oui, le livre raconte aussi des histoires!) dans tous les secteurs d’activité, et fournissent beaucoup d’idées pour exploiter la discipline. 

 

En bref

Vous le savez, pour diriger il faut savoir communiquer. N’allez pas croire qu’il faut surtout raconter des histoires ! Et si vous souhaitez vous améliorer dans cette matière : cliquer ici pour accéder au livre.

 

J’espère que cet article vous aura plu. N’hésitez pas à commenter et partager avec ceux ou celles qui pourraient être intéressés.

Merci encore de faire partie de nos lecteurs et à très bientôt !

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