La ferme des animaux, George Orwell

Temps de lecture : 3 minutes

 

Cet article s’éloigne des thèmes habituels centrés sur le management et la psychologie, sans s’en détacher totalement car il traite de sciences politiques, matière incontournable dans l’étude de l’être humain (eh oui aussi).

 

Sur le rôle politique du chef

En effet, tout cadre, outre son rôle dans l’animation du groupe, possède aussi indubitablement un rôle politique. En effet, sa figure de chef (« primus inter pares ») l’oblige nécessairement à exercer ses qualités sociales telles que la communication, la conviction, la négociation voire la séduction (sans exagérer toutefois).

Que ce soit au niveau de l’équipe, de l’entreprise, ou au niveau national, pour lequel la figure du chef est généralement magnifiée et sublimée, l’être humain affiche des réactions comparables vis-à-vis de l’autorité. Elle est en même temps admirée et critiquée, recherchée et évitée (nous n’y pouvons rien, c’est comme ça depuis la nuit des temps). Et le chef dans son rôle politique de guide et de dépositaire des intérêts commun, s’évertue à définir une vision de l’avenir, attractive et convergente pour le plus grand nombre.

Ainsi, l’exercice du management n’est parfois pas très éloigné des envolées rhétoriques de nos élus et grands hommes du peuple. Ce n’est jamais qu’une extrapolation à plus petite échelle des enseignements des sciences politiques.

 

Le livre

Dans ce registre, si vous ne devez lire qu’un seul livre, je vous conseille cet essai écrit il y a déjà quelques temps, mais qui reste pour moi la référence en la matière : « La ferme des animaux ».

Ce livre est un essai écrit en 1945 par Georges Orwell (l’auteur de « 1984 », oui il aimait bien ce thème) dans le contexte de l’établissement des dictatures en Europe. Il décrit de façon très imagée mais lumineuse les méthodes de prise du pouvoir par la manipulation des peuples, sous couvert de la défense de l’intérêt commun, ainsi que la résignation progressive du peuple dont les motivations initiales sont totalement trahies.

Georges Orwell nous offre une description d’une micro société (une ferme) pour laquelle chaque animal représente un stéréotype de groupe social : les cochons vont représenter les intellectuels (car plus intelligents et maîtrisant le langage), les chevaux sont les ouvriers laborieux et endurants, les chiens les jeunes arrière-gardes pleines d’agressivité, l’âne un éternel contestataire, les chats des observateurs indifférents et les poules des ouvrières disciplinées bonnes à pondre.

L’histoire décrit une ferme, dont les animaux sont dirigés par un fermier autoritaire, dans une atmosphère peu enviée de dure labeur quotidienne. Le doyen des animaux, le vieux cochon Major, décrit alors aux autres animaux le rêve visionnaire d’un monde meilleur dans lequel les animaux sont libres et émancipés, prenant en main leur destin de façon autonome. Initialement sceptiques sur le fait de pouvoir changer l’ordre établi, les animaux se laissent finalement convaincre par des cochons orateurs et visionnaires et s’organisent pour se libérer du joug humain. Après une première phase de révolte un peu désordonnée, ils finissent par créer une micro société sur les principes de travail à la hauteur des possibilités de chacun et de partage des résultats pour tous (je vous laisse deviner le courant politique qui est caricaturé).

Puis, ce monde idyllique bascule de plus en plus vers un système autoritaire dans lequel les animaux les plus intelligents et les mieux placés sur l’échelle du pouvoir profitent de plus en plus des autres, sous couvert de bonnes intentions et d’arguments fallacieux, dans l’acceptation docile presque générale. Sans dévoiler beaucoup plus de l’histoire, la situation finale se révèlera bien pire que la situation de départ.

 

 

Au delà de l’histoire

Derrière une histoire d’animaux qui se révoltent et tentent de s’organiser avec maladresse et innocence, le livre décrit extrêmement bien comment des idées politiques, apparemment vertueuses, sont dévoyées pour servir les fins personnelles des dirigeants et élaborer un système de pensée autoritaire imparable.

Il expose aussi avec une grande finesse les principales attitudes humaines à travers les postures stéréotypées des animaux de la ferme. Les caractères individuels se révèlent, caricatures des groupes sociaux, et se manifestent dans les mouvements populaires et l’exercice du pouvoir politique. 

Orwell dévoile avec clairvoyance les mécanismes de manipulation des masses, des mouvements sociaux et des positions partisanes. 

Même si l’ouvrage peut apparaitre éloigné d’un contexte de management, il vous rappellera très certainement les attitudes caricaturales de personnes de votre entourage ou le comportement caractéristique de certains groupe sociaux.

Le décryptage des ces comportements stimuleront sans aucun doute votre perspicacité sur les relations humaines et la façon d’appréhender des situations parfois similaires.

Si vous souhaitez découvrir cet ouvrage, je vous conseille la version bilingue qui permettra de stimuler aussi votre maîtrise de l’anglais (cliquer ici).

 

J’espère que cet article vous aura plu. N’hésitez pas à commenter et partager avec ceux ou celles qui pourraient être intéressés.

Merci encore de faire partie de nos lecteurs et à très bientôt !

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