Ne mélangez pas la fonction de chef avec la personne assise dans le fauteuil !

Temps de lecture : 4 minutes

 

Le prestige, les privilèges et les responsabilités sont attachés aux fonctions et pas aux personnes. Ces avantages ne sont pas éternels, contrairement à ce que certains aimeraient penser, et ils se méritent !

Pour illustrer cette notion, voilà une histoire issue d’une conférence TEDx.

Un ancien haut fonctionnaire chargé d’intervenir dans un congrès avait droit à une chambre dans un grand hôtel, un taxi pour le conduire à la salle prévue, et un café servi dans une belle tasse avec une jolie cuillère pour touiller tout ça.

L’année suivante, il avait pris sa retraite. Il a été invité au même congrès pour intervenir, mais il n’était plus au même poste prestigieux. Et donc il n’était plus considéré comme VVIP, même pas VIP. Il a dû réserver lui-même sa chambre d’hôtel, il s’est rendu en bus au lieu de conférence et pour le café, quelqu’un lui a montré la machine au bout du couloir. Fini la belle tasse, bonjour le verre en papier avec la touillette en plastique.

Morale de l’histoire : la belle tasse n’était pas destinée à lui personnellement, mais à sa fonction.

 

La fonction n’appartient pas à la personne

Le comprendre est déjà une première preuve d’humilité. Pour les personnes qui ont gravi toutes les marches d’une carrière jalonnée de postes de direction de plus en plus importants, avec la considération et les avantages attachés, c’est parfois difficile à réaliser. Surtout quand vient l’heure de tirer sa révérence.

En effet, quelqu’un qui est placé en situation de direction ou d’autorité est probablement persuadé (et c’est probablement un peu vrai) que c’est uniquement grâce à ses qualités personnelles, et qu’il mérite naturellement tous ces privilèges. Or, il ne faut pas oublier (sauf pour les entrepreneurs qui se sont construits tout seuls) que c’est l’organisation qui lui a donné cette fonction. Et que tout ce qui y est attaché n’est qu’une facette d’une position dans laquelle les personnes passent et se suivent.

L’autorité attachée au poste suit le même principe. Les subordonnés suivent naturellement les directives de leur chef (en tout cas c’est ce qui est normalement attendu). Mais c’est la fonction de la personne qui occupe la place de chef qui crée ce petit miracle, pas la personne elle-même. En fait, les gens écoutent celui qui est assis dans le fauteuil du chef, qui qu’il soit. Et celui qui est assis dans ce fauteuil est un chef tant qu’il reste dans le fauteuil.

Ceci est très important à comprendre pour tous ceux qui passent dans ce type de fauteuil. Leçon d’humilité à la clé.

Et cela implique beaucoup d’autres choses.

 

Ce n’est pas que le fauteuil qui commande

La première implication, déjà expliquée et que tout le monde comprend bien, est que les personnes sous l’autorité formelle du chef lui doivent une certaine obéissance (pour en savoir plus sur les différents types de pouvoir voir ici). Jusqu’ici c’est simple à comprendre.

La seconde, qui est beaucoup moins partagée, est que celui qui est assis dans le fauteuil du chef en question a lui aussi des obligations envers ses collaborateurs. Et oui, le management n’est pas qu’une fonction c’est une responsabilité ! En effet, il est normalement attendu d’un chef qu’il décide, qu’il organise, qu’il résolve les conflits, qu’il prévoie, etc. Accéder à un poste de responsabilité n’est pas une récompense, c’est une charge, au sens que le chef est chargé de nombreuses responsabilités. Et les privilèges liés au poste sont justement censés faciliter l’exercice de ces responsabilités, ce n’est pas une récompense personnelle. Dans un sens, il est nécessaire de mériter sa place de chef dans une organisation, ce que certains oublient parfois.

 

 

Allons un peu plus loin dans cette réflexion sur la distinction entre fonction et personne.

Premier corollaire : il ne suffit pas de s’asseoir dans le fauteuil du chef, il faut aussi endosser le rôle et les responsabilités.

C’est une des plus grandes sources de frustrations professionnelles que d’avoir un chef qui n’assume pas sa fonction et son rôle (sur les qualités du chef, voir ici).  Manque de décisions, mauvaise répartition des tâches, indifférence vis à vis de ses subordonnés et de l’ambiance, etc. Etre un bon chef, c’est tout un art et cela se mérite !

Quelqu’un qui accède à un poste de direction (c’est à dire à qui il est demandé de diriger des gens) est donc naturellement amené à s’interroger sur ses véritables responsabilités, ce qu’il doit faire ou ne pas faire, sur les attentes de son personnel, sur les conflits latents, et sur ses marges de manœuvre, entre autres. Passer à côté des attendus de sa fonction, et surtout ignorer les liens et les relations humaines au sein de son périmètre est une grave erreur.

Second corollaire : quelqu’un qui accède à un poste de direction incarne donc la fonction en plus de sa personne et devient en quelque sorte plus que lui-même, ce qui n’est pas toujours naturel.

Cette incarnation n’est pas forcément facile et implique de bien appréhender son environnement, comme nous venons de le voir. Il est parfois dit que la fonction écrase ou est difficile à porter. Il faut évidemment que la maturité personnelle de la personne soit suffisamment en accord avec les fonctions qu’il lui est demandé de représenter. Cette fonction, ce costume de chef qu’il (ou elle) est le(la) seul(e) à porter, l’éloigne donc aussi du reste du groupe. Car les collaborateurs ne voient plus la personne, mais surtout la fonction avec son lot d’autorité et de pouvoir. D’où la solitude du chef.

Ce que je recommande donc dans vos relations avec vos chefs : regardez la personne et pas la fonction. D’une part, cela vous évitera de l’attirer immédiatement dans des discussions professionnelles, et probablement, entre deux courbettes, sur des revendications diverses dont il souhaitera s’échapper dès que possible. D’autre part, vous verrez le petit cœur qui bat derrière une façade inébranlable et savamment construite dans la peine et la sueur.

Car la personne peut être en difficulté avec son costume de chef, parfois difficile à revêtir. Aidez-la et soutenez-la dans son action, c’est bien souvent une attitude gagnant-gagnant.

 

J’espère que cet article vous aura plu. N’hésitez pas à commenter et partager avec ceux ou celles qui pourraient être intéressés.

Merci encore de faire partie de nos lecteurs et à très bientôt !

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